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Vous voulez un accompagnement en "gestion" du stress. Vous avez besoin d'autre chose.

24 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Il y a cinq ans. Je suis avec un dirigeant que je coache. Il me dit qu'il a besoin de comprendre son stress.

Je lui demande pourquoi. Il me répond que ça l'aiderait à mieux le contrôler.

Alors je lui demande autre chose d'abord : est-il capable de le ressentir ? De me dire, précisément, où il se situe, où il est localisé dans son corps ?

Première réponse : "Je ne sais pas."

Je lui propose un exercice de respiration, de visualisation. Et là, c'est net pour lui : la gorge serrée. Une boule dans le ventre, dense, dure.

Il n'avait pas parlé de chiffres. Il n'avait pas parlé de charge de travail, de deadlines, de réunions qui s'enchaînent. Il avait d'abord parlé de son corps - et il a fallu le lui demander deux fois pour qu'il y arrive.

Le stress n'est pas l'ennemi que vous croyez avoir identifié

Les demandes qui m'arrivent portent presque toujours sur "gérer" le stress. Comme s'il fallait le maîtriser, le faire taire, l'évacuer.

Sauf que le stress n'est pas un dysfonctionnement. C'est un signal. Bienveillant, même s'il ne le paraît pas.

Il dit : quelque chose compte, ici, et une part de moi n'est pas sûre d'avoir les ressources pour y faire face.

Le problème n'est presque jamais le stress lui-même. Le problème, c'est que nous avons appris à ne pas l'écouter. Nous le combattons, nous le planquons, nous le noyons dans le café ou dans le déni - et il continue de circuler, sous la table, dans les silences, dans les arrêts maladie qui tombent un lundi.

Le corps, lui, ne ment pas. Il ne sait pas mentir. C'est le cerveau qui interprète, qui raconte une histoire par-dessus la sensation - et c'est là que ça se complique, ou que ça se répare.

Face à ce dirigeant, je n'ai pas apporté de méthode miracle. J'ai reposé la même question, patiente : qu'est-ce que tu sens ? Où, précisément ?

Comprendre n'est pas excuser, mais c'est le seul chemin qui marche

Il y a une objection que je vois venir chaque fois que le stress s'invite dans une entreprise : "On n'a pas le temps pour ça, on a des résultats à livrer."

Je comprends l'objection. Je l'ai moi-même pensée, il y a longtemps, avant de voir ce qui se passait dans les équipes que j'accompagnais.

Une équipe qui carbure au stress non écouté produit vite, puis produit mal, puis ne produit plus du tout - parce que quelqu'un craque, parce que la confiance s'érode, parce que les réunions deviennent des champs de mines silencieux.

Ce que ce dirigeant a découvert ce jour-là, à l'échelle d'une seule personne, je le retrouve à l'échelle d'une équipe. Personne ne sait localiser son stress tant qu'on ne le lui a pas demandé - et souvent, il faut le demander deux fois. Une fois que la question devient un réflexe individuel, elle peut devenir un langage collectif : une phrase du type "là, je sens que ça monte" qui devient possible en réunion, sans être vue comme une faiblesse.

Car la force de ce langage "du corps", c'est que tout le monde le comprend facilement, là où le langage autour des émotions est plus subtil et parfois plus difficile à appréhender.

Ce n'est pas de la magie. Ce n'est pas technique. C'est de la fondation simple et accessible à tous.

Ce que je propose, concrètement

Depuis, je conçois et j'anime des formations courtes - un ou deux jours - sur la gestion du stress, pour des équipes de direction comme pour des équipes opérationnelles.

Le format tient volontairement en peu de temps, parce que ce n'est pas un an de travail qu'il faut pour poser les bases : c'est un cadre, une pratique, une question que l'équipe réapprend à se poser ensemble.

Ce que ça couvre : comprendre le stress comme signal plutôt que comme ennemi, repérer ses propres signaux corporels avant qu'ils ne deviennent des symptômes, se donner un langage commun dans l'équipe pour nommer ce qui se passe avant que ça déborde.

Ce qui se joue vraiment

Je reviens souvent, dans mon travail, à une conviction simple : nous ne changeons jamais ce que nous avons condamné. Nous changeons ce que nous avons compris.

Une équipe qui juge son propre stress - qui le voit comme une faiblesse à cacher - reste bloquée dedans. Une équipe qui apprend à le comprendre, à le nommer, à s'en servir comme d'une information plutôt que comme d'une honte, commence à avancer autrement.

Ce n'est pas une promesse de bonheur au travail. Je n'y crois pas, et je m'en méfie quand je l'entends ailleurs. C'est une promesse plus modeste et plus solide : moins de non-dits, moins d'épuisement silencieux, plus de clarté dans ce qui se joue vraiment entre les gens.

Ce dirigeant, la gorge desserrée, a fini par sourire. Pas parce que le problème avait disparu - il venait juste de lui donner un nom, et un endroit où le trouver. Et contrairement à ce que nous pouvons penser, cet état de conscience réduit le fossé entre ce que le corps sait et ce que le cerveau comprend : la réduction de cet espace rassure déjà. Cela ne fait pas tout, mais c'est déjà beaucoup.

Si vous sentez, dans votre équipe ou votre comité de direction, ce même silence sous la table - celui que vous ne nommez jamais faute de temps ou de mots - écrivez-moi. Regardons ensemble ce qui est possible, et comment le financer.

Et vous, qu'est-ce que votre équipe sent, en ce moment, sans le dire ? (la question mérite d'être posée avant qu'elle se pose toute seule, plus tard, plus fort)

Benoît Maréchal - Ingénieur, praticien en neurosciences cognitives et artiste pluridisciplinaire. J'accompagne les dirigeants qui veulent progresser en prise de parole, intelligence émotionnelle et leadership.

 
 
 

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